Lorsqu’un nouveau produit électronique entre en phase de conception, le prix de revient cible est la première boussole. Mais chez Synov, nous appelons Design-to-Future l’ensemble des choix qui déterminent son coût sur plusieurs années : architecture, composants sélectionnés, stratégie de test ou encore réparabilité. Le coût de départ reste essentiel, mais il ne suffit pas à mesurer la valeur d’un produit dans la durée. Alors, comment concevoir un produit qui reste performant et maîtrisé dans le temps ?
Design-to-Cost VS Design-to-Future : ce que la nuance change
Les deux démarches partagent un même objectif de maîtrise des coûts, mais elles ne regardent pas le produit de la même manière.
Le Design-to-Cost optimise le produit, le Design-to-Future élargit le calcul
Le Design-to-Cost est une démarche structurée dans l’industrie électronique. Contrairement à une idée reçue, il ne consiste pas à choisir le composant le moins cher, il intègre la fabricabilité, la qualité, le time-to-market et les contraintes de production. Son principe est de concevoir le produit pour atteindre un coût objectif défini en amont, sans dégrader les performances, la qualité ou le niveau d’industrialisation attendu. Selon le périmètre retenu, cet objectif peut concerner le coût récurrent de série, les investissements industriels ou certaines dépenses liées au cycle de vie du produit.
Le Design-to-Future conserve cette exigence de maîtrise des coûts, mais ajoute une dimension de long terme. Il intègre dans les choix de conception des critères qui auront un impact sur toute la durée de vie du produit, comme l’évolutivité ou la gestion des risques d’approvisionnement.
Les choix de conception qui engagent l’avenir du produit
Ces arbitrages se jouent bien avant la fabrication. Architecture, logiciel, stratégie de test ou sélection des composants peuvent déterminer la capacité d’un produit à évoluer plusieurs années après son lancement. Comme l’explique le directeur industriel du Groupe Synov : « Il y a pas mal de choses qui se jouent dès la phase de conception. Le choix d’architecture, de logiciel, de test et de composants va influencer l’avenir du produit. » – Manuel Da Silva
Prévoir dès la conception et le développement une double implantation pour accepter plusieurs composants équivalents permet par exemple de sécuriser la production face à un risque marché. De la même manière, choisir un composant plus coûteux mais plus robuste peut réduire les coûts liés aux défaillances ou aux remplacements sur la durée. Le Design-to-Future ne cherche donc pas à remplacer le Design-to-Cost, mais à empêcher que le coût immédiat soit le seul critère de décision.
Les quatre décisions de conception qui influencent les dix prochaines années
Les choix qui influencent la durée de vie d’un produit sont souvent ceux qui paraissent les plus techniques au départ.
Architecture, logiciel, test et composants : les choix qui se jouent dès la conception
Un produit électronique se définit dès la phase de conception avec plusieurs décisions structurantes qui vont conditionner sa capacité à évoluer et à être produit dans la durée, comme :
- l’architecture matérielle ;
- le choix des logiciels ;
- la stratégie de test ;
- la sélection des composants.
Ces choix influencent l’avenir du produit, car anticiper les risques dès la conception permet d’éviter des modifications coûteuses. Par exemple, prévoir au routage l’empreinte de deux composants équivalents de fabricants différents offre une alternative en cas de tension d’approvisionnement, une adaptation bien plus complexe après la conception.
La fiabilité se construit dans l’environnement du composant
Le choix d’un composant ne se résume pas à sa référence ou à sa fiche technique. Sa fiabilité dépend aussi de la manière dont il est utilisé dans le produit : ses conditions de fonctionnement, les contraintes thermiques auxquelles il est soumis, sa protection contre les variations électriques ou encore les éventuelles redondances prévues dans l’architecture.
Un composant plus robuste peut représenter un surcoût initial, mais ce choix peut être pertinent lorsqu’il réduit les risques de défaillance pendant la vie du produit. À l’inverse, sélectionner une solution sur son prix d’achat peut déplacer le coût vers la maintenance, les remplacements ou les interruptions d’exploitation.
Cette logique est différente de celle de l’obsolescence. Un composant peut être fiable dans son environnement d’utilisation tout en devenant indisponible parce que son fabricant arrête sa production.
DFC, DFM, DFT : ce qui rend l’arbitrage mesurable
Le Design-to-Future s’appuie sur des méthodes qui permettent de mesurer les conséquences des choix de conception avant qu’ils ne deviennent difficiles à modifier.
Intégrer le coût global dès la conception avec le DFC
Le Design for Cost (DFC) consiste à intégrer les conséquences économiques d’un choix dès la phase de conception. L’objectif est d’évaluer le coût global du produit sur son cycle de vie.
Cette approche permet d’intégrer une estimation du coût série dès le chiffrage de l’étude. Les choix d’architecture ou de nomenclature peuvent ainsi être évalués avec une vision plus complète de leurs impacts futurs. Ces arbitrages permettent de comparer plusieurs options et de choisir une solution cohérente avec les objectifs économiques du projet.
Concevoir pour produire plus facilement avec le DFM
Le Design for Manufacturing (DFM) ajoute une autre dimension : celle de la capacité réelle à fabriquer le produit. Une conception optimisée doit être compatible avec les moyens industriels qui seront utilisés. Prendre en compte les contraintes des machines ou les exigences de production dès le design permet de limiter les difficultés lors du passage en série. Les bénéfices se mesurent ensuite : moins de reprises, un meilleur respect des plannings et une réduction des temps d’opération.
Prévoir les tests avant qu’ils ne deviennent une modification coûteuse
Le Design for Test (DFT) repose sur un principe simple : intégrer les contraintes de contrôle dès la conception pour faciliter l’industrialisation du produit. Par exemple, le banc de test à lit de clous nécessite des points de contact prévus dès le routage afin de tester le circuit. Leur ajout après conception peut imposer des modifications importantes. Le DFT permet de définir la stratégie de test adaptée, en identifiant les composants à contrôler et le niveau de couverture nécessaire. Cette anticipation facilite l’industrialisation, améliore le diagnostic des défauts et réduit les risques de non-qualité ou de modification tardive lors du passage en série.
Réparable ou remplaçable : l’indice que l’électronique professionnelle n’était pas censée utiliser
Concevoir un produit implique aussi de réfléchir à ce qui se passera plusieurs années après sa mise en service : pourra-t-il être réparé, adapté ou devra-t-il être remplacé ?
La réparabilité comme critère de conception
Certaines entités du groupe utilisent ainsi leur propre grille d’évaluation pour orienter les choix d’architecture dès les premières phases du projet. Une carte électronique unique peut simplifier la fabrication, mais compliquer les réparations plusieurs années plus tard. À l’inverse, une architecture modulaire facilite le remplacement d’un sous-ensemble sans intervenir sur l’ensemble du produit. Un choix qui demande davantage d’anticipation, mais qui peut réduire les coûts et les délais de maintenance sur le long terme.
Les arbitrages de conception qui déterminent la fin de vie du produit
Une mémoire soudée ou une batterie difficilement remplaçable peuvent simplifier la fabrication, mais limitent les possibilités de réparation et d’évolution. Dans les équipements professionnels, conçus pour durer de nombreuses années, ces choix sont encore plus déterminants.
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Le Design-to-Future ne remplace pas la recherche de coût : il permet de prendre de meilleures décisions dès la conception. Vous concevez un nouveau produit électronique ? Contactez-nous pour évaluer ces arbitrages dès la phase de conception et identifier les choix qui réduisent les coûts futurs sans compromettre la performance.

