À l’approche de 2030, les offres de mise en conformité au décret BACS se multiplient, souvent accompagnées de promesses d’économies d’énergie. Pourtant, installer un système d’automatisation et de contrôle ne suffit pas à faire baisser durablement la facture. Le BACS donne les moyens de mesurer, réguler et piloter les équipements, mais encore faut-il exploiter ces fonctions. Le ministère le rappelle lui-même dans son guide : scénarios d’usage, suivi et optimisation sont indispensables. Alors, que peut vous apporter le décret BACS ?
Ce que le décret BACS impose, et ce qu’il n’impose pas
Le décret BACS impose aux bâtiments concernés de s’équiper d’un système d’automatisation et de contrôle permettant notamment de suivre les consommations, de détecter les dérives et d’agir sur les équipements techniques. Pour les bâtiments tertiaires existants équipés de chauffage ou de refroidissement d’une puissance supérieure à 70 kW, cette obligation s’appliquera au plus tard au 1er janvier 2030.
Mais le décret BACS ne fixe pas un niveau d’économies d’énergie à atteindre. C’est toute la différence avec le décret tertiaire, qui impose une réduction de la consommation d’énergie finale de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050, par rapport à une année de référence ou selon des objectifs en valeur absolue. Autrement dit, installer une GTB pour répondre au décret BACS, il faut disposer des moyens pour mesurer, réguler et piloter. Le second fixe une trajectoire de réduction de la consommation.
Le protocole est un langage
Avant de comparer les protocoles, une question mérite d’être posée : le choix de la technologie peut-il, à lui seul, faire baisser la consommation du bâtiment ?
Le protocole ne fait pas économiser d’énergie
BACnet, LON ou KNX sont parfois présentés comme des technologies plus ou moins performantes sur le plan énergétique. Pourtant, le protocole utilisé ne change pas les besoins physiques du bâtiment. Comme l’explique Arcom : « Le protocole, c’est un langage. Que je vous parle français, anglais ou espagnol, les watts sont les mêmes, au millionième de watt près. Une pièce, c’est de la physique. »
Autrement dit, que les équipements communiquent en BACnet, LON ou KNX, une pièce chauffée à 19 °C nécessite la même énergie pour atteindre et maintenir cette température. Le protocole permet aux équipements d’échanger des informations et des commandes ; il ne crée pas, à lui seul, les économies d’énergie.
La consommation du contrôleur, une différence à relativiser
Il existe toutefois une différence entre les technologies : la consommation propre des contrôleurs. Un contrôleur LON ou KNX peut ainsi piloter le CVC, la lumière et les stores avec environ 1 W, tandis qu’un contrôleur BACnet/IP dédié au CVC consomme autour de 5 W, jusqu’à 9 W avec des extensions.
Cette différence existe, mais elle concerne le fonctionnement du contrôleur, et non la consommation énergétique du bâtiment. Elle ne permet donc pas de conclure qu’un protocole fera davantage économiser qu’un autre. Le véritable enjeu se situe dans ce que le système permet ensuite de faire : programmer les équipements, adapter leur fonctionnement aux usages et corriger les dérives. C’est là que commence le véritable potentiel d’économies.
D’où viennent les économies ?
Une GTB ne réduit pas la consommation : les économies apparaissent lorsque ses fonctions de régulation sont paramétrées et exploitées dans la durée.
Les économies viennent des réglages et des automatismes
Le potentiel d’une GTB repose d’abord sur les réglages et automatismes qu’elle permet de mettre en œuvre. Un contact de fenêtre peut par exemple couper automatiquement le chauffage ou la climatisation lorsqu’une fenêtre reste ouverte. Encore faut-il que la fonction soit raccordée, paramétrée et activée.
Il ne faut pas ignorer les températures de consigne. Une installation réglée à 19 °C en chauffage et 26 °C en refroidissement peut atteindre les objectifs prévus, mais si les occupants demandent 21 °C en hiver, une partie des économies attendues disparaît. Chaque degré supplémentaire de chauffage augmente les besoins énergétiques.
Le suivi transforme le pilotage en économies durables
Une installation performante doit ensuite être suivie dans le temps. Les réglages peuvent évoluer, les usages changer ou certaines fonctions être désactivées après une intervention. Sans contrôle, une GTB paramétrée à sa mise en service peut donc perdre une partie de son efficacité.
La supervision permet de conserver cette vision globale. Pour un propriétaire qui gère plusieurs bâtiments, elle permet de comparer les performances de sites équivalents, d’identifier celui qui consomme davantage et de rechercher l’origine de l’écart. L’objectif est de se servir des données pour corriger les dérives et ajuster le fonctionnement des équipements.
Comment lire une promesse d’économie ?
Une promesse de 60 ou 80 % d’économies peut sembler attractive, mais elle ne dit rien sans connaître l’état initial du bâtiment et les actions prévues.
Un pourcentage dépend d’abord de l’état initial
Sur le terrain, les économies obtenues après une mise en place de GTB se situent plutôt dans un ordre de grandeur de 20 à 50 %, avec un résultat souvent proche de 30 %. Il ne s’agit pas d’une garantie, mais d’un retour d’expérience qui doit permettre de remettre certaines promesses commerciales en perspective.
Un bâtiment très mal réglé ou peu performant peut présenter un potentiel beaucoup plus important. Lors d’un audit énergétique réalisé à l’étranger, la première recommandation consistait par exemple à installer des fenêtres : le bâtiment ne disposait quasiment que de ses cadres. Les économies promises étaient donc spectaculaires, mais elles résultaient avant tout de son état de départ.
Qui pilotera l’installation après sa mise en service ?
Au-delà du pourcentage annoncé, une question mérite d’être posée : qui exploitera les fonctions de la GTB après son installation ? Une régulation efficace au moment de la mise en service ne garantit pas les mêmes performances plusieurs années plus tard.
Les offres doivent donc être analysées en regardant à la fois les réglages prévus, les automatismes activés et les modalités de suivi. Une GTB qui mesure les consommations sans qu’aucune action ne soit engagée sur les dérives reste un outil sous-exploité. À l’inverse, un système paramétré et suivi peut permettre d’identifier de nouvelles sources d’optimisation.
Pour aller plus loin sur le rôle de chaque technologie, découvrez quel protocole choisir selon les usages du bâtiment, de KNX à BACnet, en passant par LON et DALI.
Le décret BACS impose donc un équipement, pas un niveau d’économies. La performance dépend ensuite des réglages, des automatismes et du suivi dans la durée. Avant d’investir dans une nouvelle installation, vous souhaitez vérifier ce que votre GTB peut améliorer ? Contactez-nous pour faire le point sur vos réglages et votre pilotage.

